2026 : l’IA n’est pas le vrai choc pour les médias. La vraie rupture, ce sont les créateurs… et les adolescents.

En cette entrée dans 2026, un constat s’impose : le débat public sur l’intelligence artificielle dans les médias a changé de nature.
L’IA n’est plus un sujet spéculatif, ni un simple levier d’innovation. Elle est devenue une infrastructure. Un système d’exploitation invisible mais structurant.

Et pourtant, le véritable enjeu stratégique pour les médias d’information ne se situe plus là.

Il se trouve tout à fait ailleurs :
dans la montée en puissance de l’économie des créateurs,
dans la défiance massive des adolescents envers le journalisme,
et dans la recomposition silencieuse de la relation entre information, attention et confiance.


L’IA : un socle désormais acquis, pas le cœur du combat

En 2025, rédactions, éditeurs et plateformes ont largement dépassé le stade de l’expérimentation.
Automatisation de la production, aide à l’édition, personnalisation, traduction, analyse de données, distribution algorithmique : l’IA est partout.

Les travaux menés au sein de centres de recherche comme le JMAD Research Center de l’Auckland University of Technology montrent cependant un point clé :
👉 60 % des personnes interrogées se déclarent inconfortables avec des news majoritairement produites par l’IA.
Une possible interprétation pourrait être que l’IA ne crée ni la confiance, ni l’attention, ni le lien émotionnel.

Elle peut amplifier, accélérer, optimiser.
Mais elle ne compense pas une perte de crédibilité, une absence de relation ou un décalage culturel avec les publics.


Le déplacement majeur : de la marque média vers les créateurs

Le signal faible devenu fort en 2025 est désormais évident en 2026 :
l’attention ne se concentre plus autour des institutions, mais autour des personnes.

Chercheurs, éditeurs et analystes convergent sur ce point.
Lors de conférences académiques et dans plusieurs prospectives publiées par des organisations comme l’INMA ou Nieman Journalism Lab, une même idée revient :

Les médias qui résisteront sont ceux qui sauront intégrer, accompagner et valoriser des journalistes-créateurs, capables d’incarner une ligne éditoriale et de construire une relation directe avec leur audience.

C’est dans ce contexte qu’émerge la notion de “boutique media” :
des structures plus légères, spécialisées, portées par une vision claire, une voix identifiable, et une proximité assumée avec leur communauté.


Adolescents et information : une rupture de confiance profonde

Le point le plus préoccupant n’est pourtant pas économique. Il est générationnel.

Les études menées en 2024–2025 sur la consommation d’information des adolescents sont sans appel :

  • Les journalistes ne sont plus perçus comme plus fiables que les créateurs de contenus.
  • Les médias sont décrits par une majorité de jeunes comme biaisés, anxiogènes, moralisateurs ou déconnectés.
  • L’information est massivement consommée via des influenceurs, sur des plateformes où le ton, le format et la relation priment sur l’institution.

Ce rejet n’est pas seulement une question de canaux.
Il traduit un problème de posture :
qui parle ? pour qui ? avec quelle intention perçue ?


Ce que 2026 impose aux organisations médias (et au-delà)

Pour les médias, mais aussi pour toute organisation qui communique, forme ou informe, 2026 impose plusieurs prises de conscience :

  1. L’IA n’est ni bonne ni mauvaise
    Elle est un outil puissant, mais elle accentue les défauts autant que les qualités.
  2. La bataille se joue sur la relation, pas sur la technologie
    Transparence, cohérence, incarnation, pédagogie.
  3. Les modèles hybrides deviennent la norme
    Marque + créateurs, institution + personnalités, expertise + narration.
  4. La confiance se reconstruit par la clarté
    Clarté sur les usages de l’IA, sur les intentions éditoriales, sur les modèles économiques.

Le rôle d’un accompagnement stratégique lucide

Dans ce contexte, le risque n’est pas de “rater l’IA”.
Le vrai risque est de mal l’intégrer, de la sur-vendre ou de la subir sans cadre.

Chez Advice That, l’accompagnement ne consiste pas à promettre des solutions miracles, mais à aider les organisations à :

  • comprendre ce que l’IA change réellement, et ce qu’elle ne changera pas ;
  • identifier les zones de valeur humaine non automatisables ;
  • structurer des usages responsables, crédibles et compréhensibles ;
  • aligner stratégie, communication, outils et éthique dans un environnement non binaire.

Parce que l’IA n’est pas un interrupteur “on/off”.
Et parce que le futur ne se construit pas sur des slogans, mais sur des choix éclairés.


Et la suite ?

2026 n’est pas l’année où l’IA décide à la place des humains.
C’est l’année où les humains doivent décider comment ils veulent l’utiliser, et surtout pour quoi.

Dans un monde dominé par l’attention, la confiance et la relation, la technologie n’est qu’un moyen.
La stratégie, elle, reste profondément humaine.

👉 Envie de poser les bonnes questions avant d’adopter les mauvaises réponses ?
Discutons-en.

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